Exceptional cars
at the Only Shelby Meeting

We are proud to present some cars that will be present at the 1st Only Shelby Meeting.

17 & Septembre 2022 – Autodrome de Linas-Montlhéry

Ford GT40 n° 68 “Auto Zeitung”
24 heures du Mans 1969

La Ford GT40 1081 est un modèle 69 propriété de Hans Lehmann patron du groupe de presse Deutsche Auto Zeitung dont elle porte les couleurs. Livrée en avril, elle ne figurait pas sur la première liste des invités, ni même des suppléants, mais elle fut repêchée en raison de nombreux forfaits et de ses excellents résultats en championnat mondial (4ème à Monza, 6ème au Nùrburgring soit deux victoires en Sport). Elle est équipée de pneus Dunlop et d’un moteur 4,7 l à culasses Gurney-Eagle.

Des deux pilotes débutants, Helmut Kelleners est sans doute le plus connu grace à sa victoire aux 24 Heures de Spa 1968. Quant à Jöst, 1969 marque la première de ses 9 participations au Mans en tant que pilote, mais l’histoire retiendra surtout les 14 victoires de son écurie Joest Racing. Qualifié en 22ème position avec un temps de 3’51″1, la Ford allemande s’arrête à plusieurs reprises lors des premières heures en raison de vibra­tions dans les roues avant.

Un peu plus tard ce sont les freins qui causent quelques soucis ce qui ne l’empêche pas d’enter dans le top 10 à la mi-course. Vers 8 heures du matin Jöst stoppe pour faire régler sa commande de boîte mais les mécaniciens découvrent une fuite d’huile au moteur qui va obliger les pilotes à baisser de rythme. Ils conservent néanmoins leur 8ème place, qui se transforme en 6ème place à la 21ème heure, suite à l’abandon des deux Porsche de tête. Si l’on considère l’écurie Wyer comme une l’équipe d’usine, Jöst et Kelleners terminèrent premiers des privés. Ce fut aussi la première et la seule Ford GT40 privée à voir l’arrivée aux 24 heures.

Crédit texte et photo : Le Mans Slot Racing

Venez découvrir et admirer cette Ford GT40 d’exception qui sera présente au Only Shelby Meeting les 17 et 18 septembre 2022 sur l’autodrome de Linas-Montlhéry.

Cobra 427 S/C 1967

Venez découvrir et admirer cette Cobra 427 d’exception qui sera présente au Only Shelby Meeting les 17 et 18 septembre 2022 sur l’autodrome de Linas-Montlhéry.

Fiche Technique

 

  • Moteur V8 427 FE Medium Riser 427 c.i. (7 litres).
  • Bloc et culasses fonte
  • Lubrification par carter humide
  • Puissance 485 hp @ 6500 trs/min
  • 2 carburateurs quadruple corps Holley (2x 600cfm)
  • Boite de vitesse manuelle Top Loader (close ratio) à quatre rapports + MA Châssis tubulaire – carrosserie aluminium
  • Suspension quatre roues indépendantes – Ressorts hélicoïdaux et double triangulation AV/AR amortisseurs télescopiques réglables AV et AR
  • Performances :
    0 à 100 km/h : 4,4 sec / 0 à 160 km/h : 10.5 sec
    400 m D.A. : 12.3 sec à 121 mph (178,63 km/h)
    Vitesse de pointe environ 265 km/h avec un rapport de pont 3.31 Production : 315 Cobra 427 dont 27 Semi-Compétition

Voiture mythique, brutale, exponentielle, démente, tous les superlatifs peuvent être utilisés et seront vains pour décrire la folie de cette voiture, sportive extrême et débordante de vitalité. Nous le savons pertinemment, en ces glorieuses Roaring Sixties, chez nos amis américains, le besoin de puissance passe forcément par une augmentation plutôt conséquente de la cylindrée ; rien de plus simple et efficace. Mais pourquoi donc avoir conçu une évolution aussi radicale du roadster 289 ?

Cobra 289. Domination sans partage sur les pistes…

Dès son apparition en course, en 1962, le petit roadster Cobra se fait remarquer sur les pistes en se forgeant un palmarès taillé à la mesure de ses performances. Ses principales concurrentes de la catégorie Grand Tourisme sont la Chevrolet Corvette, la Ferrari 250 et la Jaguar E-Type. Toutes sans exception vont subir la domination du petit roadster dopé au venin Texan. Que ce soit sur les pistes américaines du SCCA (Sports Car Club of América) ou dans la catégorie GT à l’international, les Cobra vont dominer outrageusement les débats jusqu’à la consécration ultime, le titre de champion du monde GT en 1965, chasse gardée de Ferrari…

Un Big Block sinon rien…

Retour sur la saison 1964, ou Chevrolet annonce l’arrivée d’une Corvette, motorisée par le nouveau V8 BigBlock de 396 c.i. (6,5 litres) dans le championnat SCCA (Sports Car Club of America) pour la saison 1965. Shelby American doit réagir. Il faut modifier les suspensions du roadster et trouver une centaine de chevaux supplémentaires.

Le small block 289 étant au bout de son développement, l’option big block s’impose d’elle-même. Ça tombe bien chez Ford on trouve justement, depuis 1963, le fameux et redoutable 427FE, véritable porte drapeau des campagnes Ford sur les circuits tant il a engrangé de victoires en NASCAR, mais également en dragster dans les catégories Stock et SuperStock.

Ce noble « 7 litres » sera également monté sur les Ford GT qui consacreront également Ford en endurance mondiale pour les saisons 1966 et 1967. C’est un véritable moteur de compétition, dont la version assagie se trouve, entre autres, sous le capot des Ford Galaxie de série. Il rejoint désormais l’exigu compartiment moteur du roadster Cobra, faisant passer la cylindrée de 4,7 litres à sept litres ! Silence dans la salle des machines…

Naissance du mythe …

Le châssis est modifié en profondeur pour accueillir ce nouveau moteur. Les tubes principaux passent à quatre pouces de diamètre, tandis que les trains roulants offrent désormais une suspension à double triangulation avec ressorts hélicoïdaux, en lieu et place des traditionnels ressorts à lames transversales. Les ailes sont notoirement élargies, ainsi que la calandre qui se dispense de tout ornement ou grille.

Ce look bodybuildé et inimitable sera tout simplement le signe de reconnaissance de l’une des autos les plus mythiques de l’histoire de l’automobile ! Elle deviendra très rapidement la voiture la plus copiée au monde, tant le nombre de répliques diverses et variées, actuellement en circulation, est quasiment incalculable ! Mais à l’aube de la saison 1965, cette auto représente pour Carroll Shelby l’arme absolue en championnat SCCA, ainsi qu’en championnat du monde GT.

Privée de GT …

Mais les cent exemplaires nécessaires à l’homologation en Grand Tourisme ne seront pas produits à temps par Shelby American et la FIA refuse l’homologation GT. La belle américaine n’affrontera pas Ferrari sur les grands circuits européens et dans les épreuves internationales. La Cobra 427 se contentera d’affronter toutes ses concurrentes, sans exception aucune, les pistes américaines dans les épreuves du SCCA. Elle y dévore allègrement tout ce qui roule et emporte d’ailleurs le championnat A/Production en 1965, 1966, 1967, 1968 et de nouveau en 1973 !

Le missile était-il performant ? N’en doutons pas un seul instant et le mythe s’installe dans la mémoire collective dès les premiers tours de roue ! Quelle aurait été la carrière de la Cobra 427 dans le championnat GT International ? La question reste à jamais sans réponse et le débat ouvert, mais au vu des redoutables performances de cette icone Automobile, nous pouvons parier que plus d’un titre mondial aurait rejoint la bannière étoilée et les couleurs bleues et blanches de Shelby American

427 S/C. Semi-Compétition ou l’art de revisiter la cuisine sportive …

Ce refus d’homologation de la Commission Sportive Internationale permettra au final l’avènement d’une auto de route les plus performantes et désirables qui soit : la Cobra 427 S/C, les lettres S et C définissant à cette occasion la plus mystique de toutes les Cobra : la 427 Semi-Compétition.

Sur la cinquantaine de 427 Racing à jamais construites en 1965, seules vingt-trois seront commercialisées telles-quelles, tandis que les autres seront habilement transformées en version Semi – Compétition pour être vendues à un public de Gentlemans-Drivers exigeants et soucieux de posséder l’automobile de série la plus performante du moment !

La Cobra 427 de série est déjà un véritable avion de chasse, la Semi-Compétition en rajoute encore un peu en surfant habilement sur l’étroite frontière qui sépare une vraie auto de course, de sa sœur-jumelle affublée de plaques d’immatriculation. Un must ! Il n’en existe que vingt-sept, dont les numéros de série figurent au panthéon de l’Automobile sportive de pure race !

De nos jours l’offre est très largement inférieure à la demande et c’est ainsi que de nombreux collectionneurs ont transformé des Cobra 427 street-version en 427 S/C. C’est précisément le cas de notre invitée du jour.

Une carrière Helvète …

Notre belle du jour sort des ateliers Shelby American à l’été 1966. Elle s’offre alors à son premier propriétaire dans une combinaison, très sobre et classieuse, Ivy Green avec sellerie cuir noir. C’est une street version et nous retrouvons les première traces de sa vie Européenne dans les registres d’immatriculations Suisses, au beau milieu des années 70. Elle sera restaurée une première fois, au cours des années 80, à la suite d’un incendie compartiment moteur.

Les travaux sont réalisés par un spécialiste Anglais et son propriétaire fait installer un small block 289 à la place du 427. Elle revient ensuite en terre Helvète et c’est Didier Burgisser, grand spécialiste Shelby et dynamique boss de Burgol Racing Technologie, qui l’achète dans les années 90.

L’auto participe fréquemment à des Track Days, notamment aux Mustang Day, et des rétrospectives historiques comme la course de côte d’Ollon-Villars. Une petite sortie de piste la met en retraite anticipée en 2002.

C’est là qu’intervient Mr N., qui rachète en 2003 la Cobra accidentée et va confier deux chantiers de restauration / transformation à l’atelier ATS de Robert Sarrailh. Le premier chantier est la réalisation d’un coupé Cobra Daytona FIA (NDLR – CSX2166 – Voir Mustang & Shelby mag #14) et le deuxième concerne la restauration et conversion en S/C spécifications de cette Cobra 427 « street ».

Notre Cobra du jour retrouve ainsi un vrai moteur bigblock FE 427-8V, ainsi que tous les équipements des versions Semi-Compétition. La restauration est terminée en 2004 et l’auto rejoint la collection de Mr N. qui a toujours souhaité adjoindre une Cobra 427 S/C à sa collection de Ford et Shelby millésimées. La Cobra ne quittera ce nid douillet que tout récemment afin d’aller rejoindre le showroom de l’atelier Dream Cars, d’Alain Rüede lui aussi grand amateur de Cobra. Alain pilote d’ailleurs une exceptionnelle et unique Cobra 427

(NDLR – CSX3120 – Voir Mustang & Shelby mag #15) dans les épreuves du trophée Classic Endurance Racing de Peter Auto.

Valeurs et perspectives

Cette auto fut à son époque la voiture de sport la plus performante qui soit. Elle a conservé ce titre prestigieux jusqu’au beau milieu des années 70 et l’arrivée des Ferrari BB512 et Lamborghini Countach ! Shelby American n’a construit qu’à peine plus de trois cent Cobra 427 et il est quasiment impossible de nos jours de trouver une véritable 427 S/C.

Une récente vente aux enchères américaine a vu l’une d’entre-elles, CSX3042, partir à deux millions huit cent soixante mille Dollars au marteau ! Mais quelques solutions existent encore de nos jours pour avoir le privilège de s’installer dans une Cobra 427. Hormis quelques rares répliques de très bonne facture, il existe les Cobra de la gamme Shelby Continuation, distribuée en Europe par Gentleman Car qui propose la 427 S/C (série CSX6000) à son catalogue.

 

Nous remercions vivement Alain Rüede pour la mise à notre disposition de ce véritable mythe automobile.

RÜEDE DREAMCARS AG.

Alain Rüede
Landstrasse 3a
CH-5524 Niederwil / Suisse
Tel.: +41 (0)56 / 622 64 00

info@dreamcars.ch  www.dreamcars.ch

Ford GT40 MK IV

La superbe Ford Kar-Kraft MK IV , châssis “J18”, ex Earl Teske,  sera présente au Only Shelby Meeting les 17 et 18 septembre 2022 sur l’autodrome de Linas-Montlhéry.

Cobra Coupé Daytona CSX 2166

Fiche Technique

 

  • Shelby Cobra coupé Daytona cont. CSX 2166
  • Moteur V8 289 c.i. (4.7 litres) Hi Po
  • Puissance 385 hp @ 6000 trs/min
  • 4 carburateurs double corps verticaux Weber 48 DCOE
  • Boite de vitesse à quatre rapports + MA
  • Châssis cage tubulaire – carrosserie aluminium
  • Suspension quatre roues indépendantes – Ressorts à lame transversal et amortisseurs télescopiques AV et AR
  • Performances :
    0 à 100 km/h : 4,4 sec / 0 à 160 km/h : 10.5 sec
    400 m D.A. : 12.7 sec à 178,63 km/h
    Vitesse de pointe entre 220 et 300 km/h suivant rapport de pont.

Certaines autos rares et sportives de très haut de gamme ont parfois des destinées bien étranges. Des carrières riches en rebondissements divers et souvent inattendus, le tout nous offrant au final des histoires fortement marquées par le destin. C’est très précisément le cas de CSX 2166, une Cobra qui n’a toujours pas fini de faire parler d’elle…

CSX 2166 commence sa carrière comme un roadster 289, de couleur rouge svecia red parfaitement assortie à une sellerie en cuir noir. Elle fut, entre autre, la première Cobra avec un double maitre-cylindre. Ce détail amusant, particulier et insignifiant, semble être un premier signe révélateur d’une différence bien marquée qui sera de mise tout au long de sa future carrière, pour le moins mouvementée et originale.

La voiture est facturée à E. Larry Doheny IV de Beverly Hills, en Californie. Elle dispose alors du pack d’options class A, comprenant le filtre à air chromé, les couvres culasses en aluminium striés, les fermetures de capot avant, parechocs avant et arrière ainsi que les deux sorties d’échappement chromés, les déflecteurs de pare-brise, quatre pneus à liserés blancs, une paire de pare-soleils, un boitier chauffage et des ceintures de sécurité.

Nous sommes alors le 23 Septembre 1963 et ce roadster semble gréé comme une belle sportive californienne, parée d’un soupçon de luxe afin d’aborder les douces soirées sur Sunset boulevard plutôt que les Dimanches endiablés sur le circuit de Riverside. L’auto restera en Californie, tout en ayant une suite de propriétaires multiples, et verra même son châssis modifié pour y recevoir un V8 big block FE 427.

Elle est ensuite achetée par Mike Belgley en 1970 qui la fera alors restaurer intégralement par le spécialiste Mike Mc Cluskey. C’est précisément à cette période, entre le montage du moteur 427, les multiples propriétaires et la restauration totale que l’histoire de cette Cobra prend une nouvelle tournure.

Elle est alors considérée, et ce par les plus éminents spécialistes, comme étant l’un des deux prototypes de Cobra 427. La rumeur se transforme alors en réalité et CSX2166 prend la place, très enviée, de premier prototype Cobra 427 aux côtés de CSX2196, la fameuse Flip-Top.

Elle sera d’ailleurs répertoriée sur l’officiel, très sérieux et incontournable Shelby American Registry comme premier prototype 427 officiel et ce pendant bien longtemps ! Dans cette hypothèse que personne ne contredit, car les experts l’ayant eux-mêmes approuvé, le roadster est intégralement restauré en recevant les ailes avant et arrières, les échappements latéraux, la prise d’air de radiateur d’huile sous la calandre, ainsi que le roll bar et tous les éléments de Cobra 427, à l’exception bien sur des suspensions à ressorts hélicoïdaux. Elle reçoit à cette occasion un jeu de jantes Halibrand FIA et CSX 2166 devient ainsi, bien involontairement mais avec l’approbation des plus éminents spécialistes, un des jalons importants de la grande histoire Shelby.

Elle sera d’ailleurs récompensée par le deuxième prix du public au très couru concours du SAAC en juillet 1981.

Elle changera ensuite aussi bien de couleur que de propriétaires successifs, juste avant d’arriver chez Motor Classic Corp. sur la côte Est des USA, qui va l’exporter vers l’Europe. Nous sommes alors à la fin des années quatre-vingt et une véritable folie s’est emparée des marchés boursiers.

L’investissement tout azimut et la spéculation ont littéralement enflammé la niche des automobiles de collection. Les prix des autos très rares se multiplient par cinq, par dix, voire plus en l’espace de quelques mois et de nombreux investisseurs, mais aussi de spéculateurs, débarquent sur le marché de la collection Automobile.

CSX 2166 va alors connaitre un nouveau destin en Europe, avec de multiples rebondissements.

Elle arrive en Belgique, chez Publimax BVBA à Anvers. Cette société appartient à Jean Pierre Van Rossem, personnage haut en couleur et milliardaire excentrique, qui propose à cette époque une idée de génie : le Moneytron. Il s’agit tout simplement d’un programme informatique, véritable machine à fabriquer de l’argent sur les marchés financiers. Le succès est fulgurant et les profits engrangés absolument dantesques. Jean Pierre Van Rossem va même s’offrir l’écurie de Formule 1 Onyx ! Mais le soufflé retombe très vite au tout début des années quatre-vingt-dix et arrive très vite un véritable scandale financier avec procès à l’appui. La chute sera aussi rude que le succès fut rapide. La justice rattrape le milliardaire et sa collection d’auto, dont CSX 2166, sera saisie dans le cadre du procès. La Cobra passera ainsi neuf ans sous la poussière d’un hangar des douanes belges, dont elle ne ressortira que pour la vente aux enchères liée à la liquidation de la société Publimax BVBA, en septembre 1999.

L’acheteur du moment conserve l’auto telle quelle pendant deux ans et la confie à Bonhams & Brooks. Au moment de la vente, elle était toujours décrite comme étant le premier prototype Cobra 427, mais véhiculait également un soupçon de contrefaçon lié à l’historique de son premier et sulfureux propriétaire européen. C’est la société Burgol Automobiles, à Genève, qui s’en porte acquéreur. La maison genevoise, incontournable spécialiste Shelby et unanimement reconnue pour son savoir et expertises, rétablit enfin la vérité.

C’est en Décembre 2001 que CSX 2166 change de propriétaire, en prenant le chemin de la collection de Mr N.. Ce coupé 289 « leaf spring », devenu 427 et modifié au travers d’une carrière particulièrement mouvementée méritait bien un peu de repos, voire même une nouvelle destinée, tout aussi historique mais bien plus sereine. Mr N., qui collectionne les autos sportives à fort pédigrée, n’hésite pas à enfiler le casque et la combi de pilote le plus souvent possible et voit en cette Cobra modifiée une belle occasion de lui offrir une nouvelle vie sur circuit. C’est ainsi que prend naissance un projet complètement fou. Carroll Shelby et Pete Brock le mettent en relation avec Robert Sarrailh, des ateliers ATS.

Cette noble maison, hautement réputée, propose à l’époque une splendide et exacte reconstruction de coupé Daytona sur la base de véritables châssis roadster Cobra 289. Cette série ultra limitée, seules quatre autos seront réalisées, est faite avec l’accord et l’approbation de Carroll Shelby et sous la direction technique de Pete Brock, qui fut en charge du développement de l’auto en 1963.

La première de cette petite série sera CSX 2366. Elle fut officiellement présentée, le 09 février 1994, sur l’ancien tracé du circuit de Reims où trente ans auparavant, Maurice Trintignant remportait l’épreuve rémoise du Tour de France Automobile au volant d’un coupé Daytona !

Pour Mr N., c’était désormais une certitude, son roadster Cobra modifié en profondeur tout en partageant cet historique rocambolesque, ne pouvait pas être restauré comme à l’origine. Tel était le destin de cette auto, depuis le début, que de jouer avec l’histoire et de renaitre sans cesse, toujours et encore, tout en portant très haut les couleurs de Shelby American.

CSX 2166 deviendra donc un coupé Cobra Daytona ! Un mois à peine après son achat, le roadster prend la direction du Mans, pour y devenir la quatrième et dernière reconstruction de coupé Daytona produit par les ateliers ATS. Le châssis original du roadster, non seulement modifié et désormais bien mal en point, fut mis de côté et précieusement conservé et la construction du coupé Daytona commença par la réalisation d’un châssis entièrement neuf, toujours sous les directives et l’œil avisé de Pete Brock.

L’auto fut terminée en décembre 2002 et sera exposée un moment chez Pescarolo Racing (qui a lui-même couru sur une Daytona du team ATS en VHC – deux tours d’horloge 1995 / 1996), avant de rejoindre la Suisse.

Elle est désormais aux normes FIA et a obtenu son passeport historique

Cobra Coupé Daytona 1964 – 1965

En quatre-vingt-dix jours à peine la maison Shelby American a réussi l’exploit de présenter une toute nouvelle auto sur la grille de départ du circuit de Daytona, tout en étant parti d’une feuille blanche ! Ainsi naquît la légende du coupé Cobra Daytona.

C’est à l’ingénieur Peter Brock que nous devons ce véritable mythe de la compétition automobile américaine. L’idée de départ fut de conserver les redoutables performances de la Cobra 289, tout en améliorant son aérodynamique, dans le but de participer au championnat du monde GT, précisément là ou Ferrari exerçait une farouche domination.

Six coupés Daytona furent construits dans ce but. Il s’agit des châssis CSX2286, CSX2287, CSX2299, CSX2300, CSX2601 et CSX2602.

La première compétition officielle sera donc les 2000 kilomètres de Daytona, en Floride le 16 février 1964.

CSX2287, pilotée par Bob Holbert et Dave Mc Donald signe d’entrée de jeu la pole position, mais abandonnera en course sur problèmes techniques. Le nom « Daytona » est alors associé à ce nouveau coupé 289 et la légende est en marche. Les six coupés participeront à la saison 64 avec quelques beaux succès et offriront le titre de champion du monde GT en 1965 à Ford et Shelby.

C’est la première fois qu’un constructeur américain emporte un titre de champion du monde et c’est le début d’une grande aventure en endurance mondiale pour Ford, avec ce premier triomphe face à Ferrari. Après le championnat 1965 les coupés Daytona furent mis au rencard, puis vendues.

La règlementation FIA pour la catégorie GT ayant changé et les efforts de Ford et Shelby étant désormais mobilisés sur le programme Ford GT. Ces six autos originales sont désormais au sein de collections prestigieuses, mais leur valeur inestimable dissuade leurs propriétaires respectifs de les risquer lors de compétitions automobiles historiques.